Me fondre dans le néant stupide de l’univers

L’herbe bleue de Beatrice Sparks

J’avais lu ce livre lorsque j’avais 16 ans je pense, et en le relisant aujourd’hui, je me dis que je n’avais pas dû tout comprendre … Je me souvenais encore d’avoir éprouvé un frisson glacé en lisant la toute dernière page, l’épilogue de l’auteure qui tombe comme un couperet. J’avais oublié par contre tout ce que cette prise de drogues avait occasionné dans la vie de cette jeune fille de 15 ans : les fugues, les nuits dans la rue, les relations non consenties (euphémisme), la folie, l’enfermement.

Beatrice Sparks a écrit une fiction, le journal d’une jeune américaine mal dans sa peau droguée à son insu lors d’une soirée de lycéens. C’est ainsi qu’elle le perçoit mais en fait, elle se drogue pour être intégrée. Le voyage est extraordinaire, ses sens sont aiguisés à trois cent pour cent, elle plane et couche pour la première fois avec un garçon.

Je pensais que jamais l’herbe n’avait eu d’odeur aussi verte, que le ciel n’avait jamais été aussi haut.

Je me fais l’effet d’Alice au Pays des Merveilles.

Elle enchaine les soirées – ses parents sont ravis de la voir sortir, avoir des amis, fréquenter des jeunes gens de bonne famille. Sauf que … le manque la taraude et que la situation dérape au fur et à mesure que les périodes en haut et en bas s’enchainent conduisant à une rupture avec sa famille.

J’ai l’impression que je me gaspille. Je veux rentrer chez moi, retrouver ma famille, mon école.

Je suis importante ! Je suis quelqu’un !

Ce roman, car cela en est un, il ne s’agit pas d’un vrai journal – tant mieux bien sûr au vu de ce récit de vie, même si l’on sait bien qu’il correspond à des centaines de milliers de personnes – est trop bien écrit pour une adolescente de 15 ans. La traduction est épouvantable, quel dommage, les anglicismes se répètent rendant parfois le texte bizarre (traduite man par papa, ce n’est pas très sérieux !). Ecrit cependant en 1971, il me marque par son actualité, non pas tant la prise de produits illicites rapidement très forts, mais plutôt par sa description du harcèlement scolaire gardé secret, effrayant, cette violence de la mise au ban d’une communauté et de la réputation si aisément faite. Glaçant. L’amour de cette famille, lorsque l’on est soi-même parent, vous fait un mal de chien, la succession d’émotions, de décisions à prendre qu’ils ont dû vivre au quotidien. J’ose espérer qu’à l’heure actuelle avec toutes les interventions à l’école, la connaissance des risque encourus peut prévenir ce genre d’addiction, mais j’ai refermé ce livre avec la boule au ventre, impatiente de quitter ces pages si gorgées de désespoir.

Publié par worldcinecat

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