Jeune homme, entre dans la vie, et n’aie pas peur

Le duel des grands-mères de Diadé Dembélé

Hamet vit à Bamako avec ses deux mères ; son père gagne au loin ce qu’il faut pour les faire vivre. La distance entre la culture traditionnelle et les connaissances de son père, toutes pétries de religion, et celles du fils, éduqué à l’école française, est aussi éloignée que d’ici à l’Afrique ! A force de faire l’école buissonnière et de traîner partout, à force de rouler sa mère dans la farine et de jouer au petit prince, il se fait envoyer au village, histoire de, pèle-mêle, connaitre ses origines, le travail de la terre, ses deux grands-mères, d’appréhender la valeur des choses et ne rien prendre pour acquis.

Arrivé dans la brousse, c’est le choc, le no man’s land, le « taudis ». Quand il parle français, personne ne comprend, quand il parle bambara, on le prend pour un snob. S’il dénigre quelqu’un, les villageois lui tournent le dos, s’il n’accomplit pas les bons rituels, le mauvais œil guette.

Après le roman d’apprentissage Paradis de Gurnah Abdulkarah, écrit dans une belle langue classique et élégante, c’est un nouveau portrait de jeune garçon africain découvrant que le passé de ses parents révèle des secrets douloureux et qu’il doit apprécier ce que son père lui offre. Il repart à Bamako, ayant appris la valeur des choses dans son village ; une seconde chance à saisir.

La langue de ce roman m’a souvent enchantée mais parfois laissée perplexe … elle est sans cesse mêlée à des mots d’autres langues, dialectes, patois et …. il faut s’accrocher !

Lui, c’est un débrouillé-écrit-parlé qui sait simplement écrire son nom et son prénom ; parce que lui, c’est un toi-dis-moi-dis lorsqu’il s’exprime en français ; par ce que, lui, c’est un direct cash-cash qui n’a pas la langue de bois.

Ça a de l’allure, non ?

Les noms de lieux sont enchanteurs : la terre des jujubes, la terre du henné, la terre des nageurs, la terre des lions …

Autant le début du roman est plaisant à lire, amusant, autant la seconde partie, au village, est plus abscons. A relire certainement à tête reposée pour en goûter tout le charme.

Celiloule en parle aussi

Publié par worldcinecat

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