Le retour est le chemin des exilés

Manikanetish, de Naomi Fontaine

Yammie, Uashat, Petite Marguerite : l’Innu, sa réserve, le nom de l’école – Manikanetish dans sa langue.

Je n’ai pas choisi de partir. Quinze ans plus tard, je reviens et constate que les choses ont changé.

L’idée de retourner vivre dans mon village. De travailler dans ma communauté. De redonner.

Yammie quitte son amoureux pour un emploi de professeure à Uashat, là-haut, dans le grand Nord Canadien, un village qu’elle a quitté à l’âge de neuf ans. Elle décrit une situation sociale différente de celle du reste de son pays ; le mot accompagnement prend tout son sens auprès des jeunes qui fréquentent son établissement, de façon sporadique. Mères précoces, ses élèves ont parfois son âge. Confrontés jeunes à la mort, la vie en réserve Innu est un combat mais les choses évoluent, et, passée la première indifférence, ou timidité ou gêne, Yammie se sent très utile et réussit à tisser de beaux liens.

J’ai ressenti une grand empathie, sympathie pour cette femme fière, déterminé, confrontée à la solitude, attirée par la nature vierge autour d’elle ; les scènes de séjour auprès du lac sont éclatantes de beauté. Il y a chez les écrivains d’Amérique du Nord l’attirance forte pour l »encabannement », la vie en autonomie.

Coup de tristesse en refermant ce livre, la nostalgie qui vous envahit en fin d’année scolaire quand le groupe que vous avez créé avec vos élèves se dissout. Une nostalgie que je connais bien …

Publié par worldcinecat

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