Tu es beau mon fils

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, de Roland Perez

Par ordre d’entrée, et, soyons clairs dès le début, de priorité, il y a la mère ; la mère juive ; la mama ; la gorgone ,Marthe Vilalonga à la puissance 10 000. Roland est son petit dernier, à priori donc l’objet de tout son amour quelles que soient les qualités physiques et intellectuelles de cet enfant … sauf que Roland est né avec une malformation au pied, qui ne lui permet pas de tenir droit, de tenir tout court. Il ne peut aller à l’école, découvrir, arpenter le monde. Il n’a pas d’autre choix que de rester constamment sous son œil aimant, dans son giron, attendant comme un petit pacha que le monde vienne à lui : le bruit et à la fureur de ses grands frères et sœurs de retour de l’école ou les copines de sa mère reçues dans le salon marocain (alors que tout le monde s’entasse dans deux chambres) pour des commérages sans fin. La vie de Roland est rythmée par les consultations médicales – mais pas à l’hôpital, hein, ils auraient pu le garder et lui faire Dieu sait quoi – indifféremment des pontes et des charlatans, et puis il y a aussi les visites de Mme Fleury, l’assistante sociale, qui trouve qu’à cinq ans, quand même, il devrait aller à l’école cet oisillon-là.

Roland, lui, aime être le centre de son petit monde, il baigne dans un amour inconditionnel et profite de tout ce qui lui est offert :

Des trésors inouïs se dissimulaient sous le lit de mes sœurs : toute la collection des Salut les copains et des Demoiselles âge tendre.

Le samedi, la maison était pleine à craquer. Toutes les copines de Nicky débarquaient chez les Perez.

Jamais je ne me suis senti différent, jamais dans le regard de ma famille, je n’ai lu de pitié ou de peine. Je marchais dans ma tête tout simplement.

Si le père est quelqu’un un peu en périphérie – gardien de nuit à Air France, juste rentré pour leur petit-déjeuner avant de filer prendre son poste à l’usine, la mère veille au grain avec tous ses enfants …

Les garçons on y va ! Mes frères avaient beau être au lycée, il n’était pas question qu’ils partent au lycée dans elle.

Elle part même pour une virée historique, totalement hilarante, aux Etats-Unis avec sa fille et sa copine …

car si elle croyait qu’elle allait les laisser partir seules sur les routes, à la merci des satyres et des tueurs en série, elle se fourrait le doigt dans l’œil

Et Dieu dans tout ça ? Et Sylvie Vartan ? Je vous laisse le plaisir de découvrir leur part dans le miracle qui s’est accompli … mais oui, forcément, avec sa capacité à soulever les montagnes, elle réussira à le faire marcher, son Roland; accessoirement aussi, à passer le permis de conduire à cinquante ans, et à revenir tous les jeudis revoir ses vielles copines du HLM quand, telle Marie-Antoinette, elle sera partie vivre dans un château…. euh, un.pavillon quoi !

Mais comment ça me perdre ?Alors ça y est ? Je suis morte ? Eh bien voilà, je suis morte. Allez on prépare les obsèques.

Tous ces personnages, Mme Benayoun, tante Martha, etc. c’est La vérité si je mens, Comme t’y es belle ou Un éléphant ça trompe énormément juste focalisés sur la mère et, même si son histoire avec Sylvie Vartan est touchante aussi, dans ce roman, rien n’égale le portrait tendre et hilarant de sa mère. Et Dieu n’a qu’à bien se tenir …

Publié par worldcinecat

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