Au printemps des monstres

Ce livre est épatant. Jaenada est un écrivain de la démesure. Son pavé de 700 et quelques pages retrace son enquête – fouillée euh, non obsessionnelle plutôt, dans le bon sens du terme, rien de névrosé, mais une volonté d’effacer l’injustice, de tout retourner, chaque indice, mot employé, courrier, photo etc etc. Trois ans sur l’affaire Lucien Léger, reconnu coupable du meurtre du jeune Luc, une nuit, au fond des bois. Le tout premier chapitre est à cet égard extrêmement éprouvant à lire pour la phobique des forêts que je suis. Je n’y serais pas restée deux heures, mais deux minutes au maximum, avec le téléphone allumé. Bref, passons.

Nous suivons Jaenada dans ce dédale de contradictions, de suppositions, d’ignorance aussi.

C’est toujours pareil, dans ce bazar, j’en ai marre, tout est possible, presque rien n’est probable, et jamais rien n’est sûr.

Avoir un coupable, cela paraît tellement commode. Pourquoi chercher plus loin ? Les autres protagonistes sont tous des vicelards, des menteurs … ces gens sont odieux. ans leur genre, tous des monstres. Pauvre Luc, enfant peu choyé, fugueur – il doit bien y avoir une raison. Pauvre Solange Léger, la femme de l’Etrangleur, enfermée en psychiatrie, paumée, morte à 31 ans, seule, dans une chambre d’hôtel.

Avoir un coupable, cela paraît tellement commode. Pourquoi chercher plus loin ? Les autres protagonistes sont tous des vicelards, des menteurs …

Ces gens sont odieux. Dans leur genre, tous des monstres.

Pauvre Luc, enfant peu choyé, fugueur – il doit bien y avoir une raison. Pauvre Solange Léger, la femme de l’Étrangleur, enfermée en psychiatrie, paumée, morte à 31 ans, seule, dans une chambre d’hôtel.

Dans toute cette noirceur cependant, il y a l’humour de Jaenada et son usage immodéré – jouissif – de la parenthèse sur sa vie personnelle, à chaque coin de page. J’avais découvert ce style assez unique, qui agace parait-il parfois, mais moi j’adore, avec Sulak, j’ai ensuite fait l’impasse sur la petite femelle et la serpe (l’épaisseur du livre, les critiques mitigées). J’avais envie de retrouver cet auteur, j’en suis ravie. J’ai parfois un peu (!) perdu le fil, et sauté deux trois lignes aussi parfois, pour toujours m’y replonger avec passion.

Publié par worldcinecat

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